C'était un vrai magasin.
De fait, l'hôtel Montalt possédait un théâtre, et chaque fois que le nabab donnait bal, Nehemiah Jones, le majordome, montait quelque danse de caractère.
Cette chambre qui communiquait, par une courte galerie, à l'appartement de Mirze, remplissait l'office d'une grande armoire où s'entassaient, le lendemain des fêtes, toutes les défroques du plaisir.
Diane et Cyprienne étaient femmes. La vue de ce trésor de chiffons, de ces précieuses étoffes, de ces fines broderies, de ces dentelles, les intéressait presque aussi vivement que le jardin merveilleux. Elles touchaient la soie épaisse; le moelleux velours; puis elles regardaient en soupirant l'étoffe grossière de leurs petites robes de laine.
Il y avait surtout deux costumes qui excitaient leur admiration.
Ils avaient dû, sans doute, être préparés pour la fête de ce soir, car ils étaient étendus sur des siéges, et semblaient attendre la main de la camériste.
C'étaient deux vêtements complets de bayadères indoues: le pantalon bouffant de mousseline pailletée d'or, la courte tunique et la veste collante; le diadème de perles, la riche ceinture de cachemire.
L'œil de Cyprienne allait de ces costumes à la fenêtre, et trahissait naïvement la pensée qui venait de naître dans son esprit.
On entendait des voix sous la croisée.
—Rentrons, ma sœur..., dit Diane.