Elle n'acheva point sa pensée, mais ses deux mains touchèrent sa poitrine avec ce mouvement dont nous avons parlé déjà, funeste pantomime, signal de détresse que tout le monde comprend.

La tête du vieillard se pencha vers la terre.

Diane n'avait rien entendu de ces dernières paroles, mais elle avait vu le geste de Marthe, et cela suffisait.

Elle s'élança tremblante d'émotion. En trois sauts elle eut regagné sa chambre où Cyprienne rentrait, à ce moment, tout essoufflée.

Cyprienne, joyeuse et consolée, mordait à belles dents un gros morceau de pain qu'elle rapportait.

—Ils souffrent là-haut..., dit Diane; Madame a faim!

Les dents de Cyprienne, qui venaient de rompre avidement la croûte appétissante et dorée, lâchèrent prise aussitôt.

—Et moi qui ne pensais pas!... s'écria-t-elle; vite, ma sœur!... Heureusement que je ne leur ai pris qu'une bouchée!...

Elles remontèrent, lestes comme des sylphides, les marches vermoulues des deux derniers étages, et l'instant d'après le pain, glissant entre deux planches, tomba sur le sol poudreux du grenier.

Marthe poussa un cri de soulagement.