Les deux jeunes filles la regardaient manger. Elles souriaient toutes deux.
—Ma sœur..., disait Cyprienne; à voir cela, on n'a plus faim.
V
MADAME COCARDE.
Il y avait cinq minutes que Diane et Cyprienne étaient rentrées dans leur chambre, dont la porte restait entr'ouverte. Elles étaient agenouillées toutes deux, côte à côte, devant l'image de la Vierge, collée au mur, dans la ruelle du petit lit. Elles disaient ensemble leur prière du soir.
Quand elles eurent achevé de réciter avec recueillement la série d'oraisons que l'usage catholique réunit en un pieux faisceau pour consacrer les heures du sommeil, Diane ajouta d'un ton simple, qui révélait l'habitude de chaque jour:
—Sainte Marie, mère de Dieu, intercédez auprès de Jésus, votre fils, afin qu'il nous envoie cinq cent mille francs pour racheter les biens de Penhoël!...
—Ainsi soit-il!... répondit Cyprienne.
Pauvres enfants!
—Faites, bonne sainte Vierge, reprit Diane, que notre cousine Blanche soit gardée de tout mal, et que nous puissions la rendre à sa mère; sainte Marie, ayez pitié de Penhoël, de Vincent, de Madame et de notre bon père. Faites que notre oncle Louis revienne enfin, pour nous porter secours.
C'était une formule bien souvent répétée.