En retournant au manoir, quand on allait venir la chercher, elle retrouverait l'oncle Jean et sa mère; mais Diane et Cyprienne étaient mortes...
Elles, si jolies, si pleines de santé, de force, de jeunesse! Elles, dont la pauvre Blanche avait envié si souvent la gaieté insouciante et heureuse!
Elles ne seraient plus là. Dieu les avait reprises. Et Blanche pleurait en songeant qu'elle irait s'agenouiller, entre leurs pauvres tombes, derrière l'église de Glénac...
Et Vincent, le retrouverait-elle au manoir? Elle ne se rendait point compte de cela, mais, parmi les souvenirs qui visitaient sa solitude, celui de Vincent était le plus assidu.
Elle songeait à lui presque autant qu'à sa mère.
Le malheur enseigne. Là-bas, au milieu du repos tranquille de Penhoël, l'enfant eût tardé longtemps encore peut-être à devenir femme; mais dans cette chambre solitaire, où ses jours s'écoulaient si tristes, son cœur travaillait à son insu.
Elle aimait, non plus de cette amitié douce du premier âge; elle aimait d'amour...
Chaque fois que sa pensée se tournait vers l'avenir, Vincent était là toujours, partageant la joie comme la peine.
Il ne lui semblait pas possible que Vincent pût lui manquer jamais. A cet égard, elle ne se faisait nulle question. Il était là, le compagnon naturel de sa destinée.
Pauvre Vincent! Il y avait maintenant huit grands mois que son départ de Penhoël avait arraché à la jeune fille quelques larmes distraites. Qu'était-il devenu? Pendant ce long espace de temps, point de nouvelles! S'il lui était arrivé malheur!...