La jeune fille n'entendait pas. Mais elle resta. Vincent la revit le lendemain à la même place; le surlendemain il la revit encore.
C'était là qu'elle demeurait.
Comme elle était changée, mais toujours belle!
Vincent l'aimait mille fois plus qu'au temps du bonheur.
Et toutes ses pensées se tournèrent désormais vers un seul but: fuir pour se rapprocher d'elle, fuir pour la protéger et la sauver!
Son courage revint; sa force doubla.
Oh! s'il avait pu échanger avec Blanche une parole, un signe seulement, son travail eût marché bien plus vite. Mais il avait beau faire, entre lui et la jeune fille le même obstacle se dressait toujours. La pauvre lame ébréchée, que le hasard avait mise entre ses mains, s'usait contre le fer à l'épreuve. La tâche allait bien lentement. Mais Vincent ne se lassait point, et l'œuvre avançait un peu tous les jours.
Une fois le barreau scié, que devait-il faire? Il ne savait: à la grâce de Dieu!...
Cette nuit, tandis que le prisonnier travaillait sans bruit, et constatait que sa lame entrait maintenant tout entière dans le fer du barreau, Blanche veillait, elle aussi, en proie à des douleurs plus vives.
Elle était seule. Madame la marquise d'Urgel avait quitté la maison dès la brune pour se rendre à la fête du nabab, et Thérèse, profitant de l'occasion, avait donné sa soirée à quelqu'un de ses studieux amants.