Blanche était tout habillée sur son lit. Elle se sentait à la fois plus souffrante d'esprit et de corps. De sourdes douleurs déchiraient son flanc, et sa bouche rendait des plaintes faibles, auxquelles nulle voix ne répondait.
Les bruits de la rue diminuaient peu à peu. Les boutiques se fermaient; on n'entendait plus qu'à de rares intervalles le roulement des voitures attardées.
Et personne ne rentrait au logis de la marquise.
La pauvre Blanche avait peur.
Elle sentait que la force allait lui manquer pour souffrir, et offrait son âme à Dieu, pensant que la dernière heure allait sonner pour elle.
La fièvre venait, amenant des visions navrantes ou terribles. L'Ange voyait, autour de sa couche, tous ceux qu'elle aimait; mais ils étaient pâles; ils avaient les yeux pleins de larmes...
Et Blanche se disait:
—Ils sont morts... morts comme je vais mourir...
Elle essayait de prier. Les paroles de l'oraison se mêlaient dans sa bouche. Elle ne pouvait.
Dans sa frayeur, elle appelait, et sa voix, changée, tombant au milieu du silence, l'épouvantait davantage...