La sentinelle de la prison militaire avait fait quelques pas hors de son poste.

Elle hésita un instant et cria par trois fois:

—Prisonnier, arrêtez!...

Comme le fugitif n'en courait que mieux, le soldat mit la crosse de son fusil contre son épaule et lâcha la détente pour l'acquit de sa conscience.

En un instant, toutes les fenêtres de la rue furent garnies de coiffes de nuit et de bonnets de coton.

Madame la marquise d'Urgel, seule, avec sa servante Thérèse, resta, pour cause, à l'intérieur de ses appartements.

En même temps la patrouille fit irruption hors du corps de garde.

La cause de ce remue-ménage était simplement l'évasion du pauvre Vincent de Penhoël.

Vincent avait achevé de scier son barreau, vers cinq heures du matin, à peu près au moment où la voiture du nabab s'arrêtait devant la porte de madame la marquise d'Urgel.

Il n'avait formé aucune espèce de plan et comptait s'en remettre à l'inspiration du moment, quand l'heure de partir serait venue.