Dès qu'il put passer la tête entre les barreaux, il regarda au-dessous de lui, et distingua vaguement une grosse masse noire sur le pavé de la cour.

C'était le dogue de garde, sentinelle dont la surveillance ne se trompe jamais.

Vincent rentra dans sa cellule et fit une corde avec ses draps; car il fallait partir: Blanche était là, de l'autre côté de la rue, qui souffrait et qui l'appelait.

Il attacha ses draps, tordus en forme de câble, à deux de ses barreaux qui restaient fixés dans la pierre, puis il se laissa glisser, non pas jusqu'au sol de la cour, mais seulement jusqu'au premier étage de la prison.

Au premier bruit, la masse noire, gisant sur le pavé, avait remué; le dogue s'était dressé sur ses quatre pattes.

Mais il n'aboyait point; il se contentait de hurler en sourdine, comme s'il n'eût point voulu effrayer sa proie.

Il attendait, la gueule ouverte et la langue pendante.

Vincent voyait briller dans l'obscurité ses yeux d'un rouge sombre, comme des charbons demi-éteints.

Le jour, qui commençait à poindre, n'éclairait pas encore la cour encaissée; mais au dehors, on distinguait déjà faiblement les objets.

Vincent allait d'une fenêtre à l'autre, déchirant ses mains et ses genoux, mais se tenant ferme et ne perdant point courage.