Elles tombèrent dans les bras l'une de l'autre.
Vous ne les auriez point reconnues. C'était la gaieté vive de leurs jours de bonheur. Que le désespoir était loin d'elles! Avaient-elles seulement désespéré?...
Leurs joues se coloraient; leurs yeux petillaient.
Elles étaient jolies comme autrefois, quand le plaisir animait leurs gracieux visages dans le salon de verdure de Penhoël.
Aussi, quel trésor pour elles, qui étaient venues chercher à Paris cinq cent mille francs, afin de racheter le manoir!... Trois gros sous, glissés dans la poche de Cyprienne par le pauvre soldat breton! Un bon grand morceau de pain!...
Pauvre soldat, que Dieu vous le rende! Puissiez-vous, quand vous retournerez au pays, trouver votre fiancée fidèle et les bras ouverts de votre vieille mère!...
Cyprienne descendit l'escalier quatre à quatre. Diane était seule.
Un instant, elle demeura immobile; puis, comme si un souvenir s'était éveillé en elle tout à coup, elle franchit la porte à son tour.
La joie vive qui naguère animait son joli visage faisait place à un grave recueillement.
Elle monta un étage, puis deux. Elle se trouvait sur un étroit carré, souillé de poussière, sur lequel s'ouvrait la porte d'un grenier vide.