Tout en parlant, Nawn caressait, au fond de sa poche, des pièces d'or qui tintaient légèrement.

Elle retira sa main pleine de louis et les compta d'un regard joyeux.

—Oui, oui..., reprit-elle, ce que j'en fais, c'est pour ma bonne maîtresse. Que m'importe cet or?...

Son œil amoureux démentait ses paroles.

Quand elle eut bien contemplé ses louis, elle les remit dans sa poche et tira de son sein une petite fiole de verre.

En ce moment, Blanche ouvrait les yeux à demi. Elle jeta son regard éteint autour d'elle...

—J'ai rêvé..., pensa-t-elle; j'ai vu mes deux cousines qui sont mortes... Elles souriaient toutes deux au pied de mon lit...

Sa paupière retomba, lassée, tandis que ses lèvres pâles murmuraient une prière pour les pauvres belles-de-nuit...

Sa raison, affaiblie comme son corps, ne cherchait point à se rendre compte de sa situation nouvelle. D'ailleurs, le demi-jour qui régnait dans la chambre la trompait; elle ne savait pas où elle était.

Nawn avait débouché, à l'aide de ses dents, le petit flacon de verre.