Au ciel, tout amour est chaste, toute passion s'épure sous l'œil de Dieu. Le sourire de Marthe appelait Louis de Penhoël...

Le voile s'épaississait; la nuit se faisait; Marthe se sentait mourir.

Tandis qu'elle essayait d'assembler les mots de sa suprême prière, sa léthargie reçut un choc soudain; un souffle d'air frais tomba sur sa bouche vivifiée; elle rouvrit les yeux... ou plutôt elle crut les rouvrir, et c'était sans doute une nouvelle phase de son dernier rêve, car ce qu'elle voyait maintenant était encore l'impossible.

Ses deux filles mortes étaient auprès d'elle, Diane et Cyprienne, non plus en longues robes blanches, mais avec ce costume des vierges de Bretagne qu'elles portaient lorsqu'elles lui étaient apparues dans la loge de Benoît Haligan...

—Pauvres belles-de-nuit!... pensait Marthe; aujourd'hui comme alors.

Et ses yeux s'étaient refermés.

L'air frais continuait, cependant, de tomber sur son front et sur sa bouche.

Elle entendait autour d'elle un bruit de pas légers.

Elle essaya encore de soulever ses paupières. Il y avait un nuage sur son regard.

Elle put voir, néanmoins, durant une seconde, Diane et Cyprienne qui lui souriaient de loin.