La soirée s'avançait déjà lorsque Berry Montalt revint à son hôtel. Il avait passé toute la journée dehors, et c'était du Cercle qu'il avait écrit ses deux dernières lettres à M. le chevalier de las Matas.

La première chose dont il s'informa en descendant de voiture fut de savoir si le chevalier était venu ou s'il avait écrit. A ces deux questions, le concierge de l'hôtel répondit négativement. On n'avait point eu de lettres, et la seule visite reçue dans la journée était celle de madame la marquise d'Urgel, qui avait demandé Mirze.

Le nabab gagna ses appartements d'un air triste et préoccupé. Il s'assit, en rentrant, devant son secrétaire, et trempa sa plume dans l'encre.

—Jean de Penhoël!... murmura-t-il; une jeune fille enlevée!... Tout cela est étrange... J'aurais dû lui parler peut-être...

Il déposa sa plume et appuya la tête contre sa main.

—Ces choses m'entourent et me pressent!... poursuivit-il. Le doigt de Dieu est-il là?... Ou n'est-ce qu'un jeu du hasard moqueur?... J'ai beau me révolter et dire: Que m'importe?... Toutes mes blessures saignent... et je n'ai plus qu'une seule pensée...

Il resta un instant immobile; puis sa plume, reprise avec emportement, courut en grinçant sur le papier.

Une lettre fut écrite en un clin d'œil, mais plus vite encore déchirée.

—Ce n'est pas le moyen de savoir!... murmura-t-il; j'ai montré trop clairement à cet homme quelle était mon envie... Désormais, c'est un marché qu'il faut lui proposer.

Il écrivit encore: