—Y a-t-il longtemps?

—Oui.

—Faites-les venir ici.

Séid se retira.

L'instant d'après, Diane et Cyprienne entraient dans la chambre du nabab.

Malgré la nature romanesque et aventureuse de leur caractère, malgré l'ignorance complète où elles étaient des choses du monde, les deux jeunes filles ne pouvaient s'empêcher de regarder comme un rêve le souvenir de cette unique et bizarre entrevue qu'elles avaient eue avec le nabab.

Elles avaient passé toute l'après-midi à l'hôtel, veillant auprès de Blanche, qui était plongée, depuis le matin, dans un état d'affaissement léthargique.

La pauvre enfant avait éprouvé cette nuit un choc terrible: cet enlèvement mystérieux l'avait brisée. Depuis son entrée à l'hôtel Montalt, ses paupières ne s'étaient point rouvertes. Son souffle était faible; on l'aurait crue morte si quelque plainte rare n'était tombée parfois de ses lèvres décolorées.

Nawn, la servante de Mirze, était venue, de son plein gré, offrir son aide aux deux jeunes filles.

Cette Nawn faisait une garde-malade attentive et souverainement adroite. C'était un secours précieux que Diane et Cyprienne acceptaient avec reconnaissance.