—Pauvre maman! je parie que vous avez été malade?
La veuve vint à lui impétueusement et les bras ouverts; il ne put répondre à ce geste à cause des liens qui retenaient ses poignets. La veuve le serra contre son cœur en pleurant et en balbutiant:
—Maurice! mon chéri de Maurice! comme te voilà changé! comme tu as dû souffrir!
Elle avait oublié Valentine, que sa large carrure cachait aux yeux du prisonnier.
—Je ne souffrirai pas bien longtemps désormais, reprit celui-ci; embrassez-moi encore, maman Léo, et puis nous parlerons d'elle, n'est-ce pas? j'ai grand besoin de parler d'elle.
—Mais elle est là, dit la bonne femme à voix basse; elle est avec moi.
Maurice la repoussa d'un mouvement si brusque qu'elle faillit tomber à la renverse, malgré sa vigueur.
—Saquédié! dit-elle toute contente, tu as encore de la force, mon cadet!
Maurice s'était levé à demi; ses yeux se fixaient sur Valentine, qui était debout et immobile au milieu de la chambre. Son premier regard hésita à la reconnaître sous le déguisement qu'elle avait pris.
Quand il la reconnut, deux larmes roulèrent le long de ses joues, et il retomba sur son siège, répétant presque les paroles mêmes de la dompteuse: