—Vous avez coupé vos cheveux! vos beaux cheveux que j'aimais tant!
Le porte-clefs passait en ce moment devant le seuil.
—Bonjour, cousin, dit Valentine à haute voix; est-ce vrai qu'on ne vous laisse pas fumer votre cigare? Voilà ce qui doit être dur.
Elle s'approcha et baisa Maurice au front.
—Chère! chère Valentine! murmura celui-ci. J'aurais été trop heureux. Est-ce que c'était possible d'avoir sur la terre un bonheur pareil!
Le porte-clefs en repassant jeta un regard à l'intérieur de la cellule. Il vit maman Léo assise sur le pied du grabat, les jambes ballantes, le prisonnier toujours à la même place et le jeune garçon debout auprès de lui.
—Nous n'avons pas de temps à perdre, dit la dompteuse, et ce n'est pas pour nous amuser que nous sommes ici.
—Laissez-moi parler, maman, interrompit Valentine, je veux tout expliquer moi-même à Maurice.
—Alors, viens t'asseoir auprès de moi, fillette, car tes jambes flageolent.
Valentine avait, en effet, chancelé.