—Comment, demain? s'écria Valentine. Déjà si Maurice, que je viens de voir, n'en sait rien.
—Dans tout cela, répondit le marchef, Maurice est la cinquième roue d'un carrosse. Quant nous aimons une affaire, il n'y en a que pour nous. Et c'est demain aussi que Maurice et vous devrez être mariés.
Cette fois Valentine n'interrompit point; elle resta muette de stupéfaction. Le marchef reprit:
—Pendant que vous étiez à la prison de la Force, j'étais, moi, chez le colonel. Il ne se porte pas bien, et j'ai idée qu'il n'en a pas pour très longtemps. Si Toulonnais-l'Amitié, le prince et les autres savaient ce qu'il m'a dit... C'était drôle de le voir me caresser le menton en bavardant tout bas: «Je n'ai confiance qu'en toi, marchef, mon ami, tu es la plus forte tête de l'association, et mon testament, qui est tout fait, te nomme mon légataire universel...» Eh bien! après! Je serais capable de les mettre au pas aussi bien qu'un autre, dites donc. Et, si j'étais le Maître, ils viendraient me lécher les pattes comme des chiens couchants.
Il s'arrêta. Valentine dit:
—Tout cela ne m'explique pas vos paroles.
—L'explication la voici; le colonel a ajouté: «C'est ma dernière affaire, et je veux la régler avant de m'en aller; il faut que tout soit fini demain soir.»
—Mais les préparatifs de l'évasion..., murmura Valentine.
—Voilà huit jours que Toulonnais s'en occupe. Il avait carte blanche et des billets de banque à poignées. Quand il a été relancer la veuve Samayoux, la chose était arrangée.
—Mais pour le mariage... le prêtre?