Gardez-moi de la mort subite,
De souhaiter le mal et de maudire;
Gardez-moi des querelles pour le partage des terres.
Que la paix règne autour de nous!
O mon Dieu, gardez-moi contre les guerriers furieux!
Gardez-moi contre celui qui erre en menaçant,
Qui se plaît à faire peur.
Contre celui dont les cheveux sont toujours hérissés!
Que moi et mon esprit nous vivions,
O mon Dieu!_

Ce soir-là, certes, avec Téhura, moi aussi j'ai prié.

Sa prière finie, elle s'approcha de moi et me dit, les yeux pleins de larmes:

—Il faut me battre, beaucoup me frapper.

Et devant l'expression profonde de ce visage, et devant la beauté parfaite de cette statue vivante, j'eus la vision de la Divinité elle-même que Téhura venait d'invoquer.

Que mes mains soient à jamais maudites si elles osaient se lever sur un chef-d'oeuvre de la nature!

Ainsi, nue, les yeux calmes dans les pleurs, elle me semblait revêtue du manteau de pureté jaune-orangé, du manteau jaune-orangé de Bhixu.

Elle répéta:

—Il faut me battre, beaucoup me frapper, sinon tu seras courroucé longtemps et tu seras malade.

Je l'embrassai.