Il la voulait vierge et belle, ayant le dessein de fonder avec elle, dans la foule des hommes, une race supérieure à toutes et privilégiée.

Il traversa donc les Sept Cieux et descendit sur le Païa, haute montagne de l'Ile de Bora-Bora, où habitaient ses soeurs, les Déesses Téouri et Oaaoa.

Oro, en jeune guerrier, ses soeurs, en jeunes filles, tous trois ainsi déguisés partirent pour un voyage d'exploration dans les Iles, afin de tâcher d'y découvrir la créature digne du baiser divin.

Oro saisit l'arc-en-ciel, en posa sur le sommet du Païa une extrémité et l'autre sur la terre: ainsi le Dieu et les Déesses traversaient les vallées et les flots.

Fastueux et charmants, dans les différentes Iles, où on s'empressait de les accueillir, les voyageurs donnaient des fêtes merveilleuses auxquelles accouraient toutes les femmes.

Et Oro les considérait.

Mais son coeur s'emplissait de tristesse, car le Dieu se faisait aimer et il n'aimait pas. Il n'arrêtait longtemps son regard sur aucune des filles de l'homme, ne voyant en pas une les vertus et les grâces qu'il avait rêvées.

Et, après bien des jours consumés en vaines recherches, il se disposait à retourner aux cieux, quand il vit, à Vaïtapé, dans l'île de Bora-Bora, une jeune fille étrangement belle qui se baignait au petit lac d'Avaï Aïa.

Elle était de haute stature et tous les feux du soleil brûlaient et brillaient dans la splendeur de sa chair, tandis que tous les enchantements de l'amour sommeillaient dans la nuit de ses cheveux.

Oro, charmé, pria ses soeurs d'aller parler pour lui à la jeune fille.