Je te crois qu’elle était à point: demandez plutôt aux 15 vigoureux jeunes gens qui le même soir en eurent l’étrenne. Au seizième elle renâcla.

L’adorable enfant fut mariée à un bedeau logeant dans l’enclos. Alerte et proprette elle balayait la chambre de Monseigneur, classait les parfums. Au service divin, le mari tenait la chandelle.

Comme le monde est vilain..., les mauvaises langues jasèrent, à tort assurément, et j’en eus la conviction profonde, lorsqu’un jour une femme archicatholique me dit:

«Vois-tu (et en même temps elle vidait sans sourciller un verre de rhum), vois-tu, mon petit, tout ça c’est des blagues, Monseigneur ne couche pas avec Thérèse, il la confesse seulement pour tâcher d’apaiser sa passion.»

Thérèse c’est la reine haricot. N’essayez pas de comprendre, je vais vous l’expliquer.

Le jour des Rois, Monseigneur avait fait faire chez le Chinois une superbe galette. La part que Thérèse avait eue contenait un haricot et de ce fait elle devint la reine, Monseigneur étant le roi. De ce jour, Thérèse continua à être la reine, et le bedeau, le mari de la reine. Calchas, vous m’entendez bien.

Mais, hélas, le fameux haricot a vieilli et notre lapin, très malin, a trouvé quelques kilomètres plus loin un nouveau haricot.

Figurez-vous un haricot chinois, grassouillet au possible, on en mangerait.

Et toi, peintre en quête de sujets gracieux, prends tes pinceaux et immortalise ce tableau.

Alezan brûlé, harnachements épiscopaux. Notre lapin campé vigoureusement sur la selle et son haricot dont les rondeurs devant et derrière seraient capables de ressusciter un chanteur du pape. Encore une dont la chemise... vous savez... inutile de répéter. Quatre fois ils descendirent de cheval: seule la vallée était en rut.