Mais les mœurs... cela vaut bien les écrits des Jésuites.

Digitus tertius, digitus diaboli.

Que diable! sommes-nous des coqs ou des chapons, et faudra-t-il à en arriver à la ponte artificielle. Spiritus sanctus.

Ici, en ce pays, le mariage commence à mordre: c’est d’ailleurs une régularisation. Chrétiens d’exportation s’acharnent à cette œuvre singulière.

Le gendarme remplit les fonctions de maire. Deux couples convertis aux idées matrimoniales tout de neuf habillés écoutent la lecture des lois matrimoniales et le «oui» prononcé ils sont mariés. A la sortie l’un des deux mâles dit à l’autre: «Si nous changions?» Et très gaiement chacun partit avec une nouvelle femme, se rendit à l’Église où les cloches remplirent l’atmosphère d’allégresse.

Monseigneur avec cette éloquence qui caractérise les missionnaires tonna contre les adultères et bénit la nouvelle union qui déjà en ce saint lieu commençait l’adultère.

Une autre fois, à la sortie de l’Église, le marié dit à la demoiselle d’honneur: «Que tu es belle.» Et la mariée dit au garçon d’honneur: «Que tu es beau.» Ce ne fut pas long, et couple nouveau obliquant à droite, couple obliquant à gauche, s’enfoncèrent dans la brousse à l’abri des bananiers où là devant le Dieu tout-puissant il y eut deux mariages au lieu d’un. Monseigneur est content et dit: «Nous civilisons...»

Dans un îlot, dont j’ai oublié le nom et la latitude, un évêque exerce son métier de moralisation chrétienne. C’est, dit-on, un lapin. Malgré l’austérité de son cœur et de ses sens, il aima une enfant de l’école, paternellement, purement. Malheureusement, le diable se mêle quelquefois de ce qui ne le regarde pas, et un beau jour notre évêque se promenant sous bois aperçut son enfant chérie qui, nue dans la rivière, lavait sa chemise.

Petite Thérèse le long d’un ruisseau
Lavait sa chemise au courant de l’eau,
Elle était tachée par un accident
Qui arrive aux fillettes douze fois par an.

«Tiens, se dit-il; mais elle est à point.»