Tous les collaborateurs ont raison de noyer ces quelques pages trompeuses dans l’histoire documentée et politique de cette Église devenue puissante à la conquête du monde, par la terreur, le sang répandu, l’appui de tous les rois.

Dans tout cela où est la Raison, la Foi même, sinon l’accumulation de tous les pouvoirs et de toutes les richesses.

En somme, ce livre étale devant nous (en outre de leurs procédés infâmes), un édifice somptueux de marbre et d’or, et non l’édifice de Saint-Pierre, celui de l’Évangile.

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Dans l’histoire politique de ces missions, décrite en ce livre, un passage est à noter à cause de l’actualité qu’il comporte aujourd’hui.

Parlant de Confucius, l’auteur dit: «Comme ils trouvaient en lui une partie des vérités chrétiennes ils avaient considéré que son autorité leur deviendrait une caution. La majorité des Jésuites estima excessif d’interdire sous prétexte de danger possible des manifestations qui pouvaient être innocentes et auxquelles 400 millions d’hommes ne renonceraient pas.

«Les Jésuites vivaient à la cour ou dans les provinces; faisaient parmi les mandarins les plus utiles conquêtes.

«Dans cette élite les doctrines de Confucius s’étaient conservées plus pures.

«Enfin le 11 juillet 1742, Benoit XIV par la bulle Ex quo singulari, annule toutes les dispenses, condamne définitivement les cérémonies chinoises. A dater de ce moment l’expansion de la foi s’arrête. Elle n’a plus en Chine qu’à souffrir.»

Ainsi donc ce sont eux-mêmes qui l’avouent, la Chine leur avait ouvert toutes les portes jusqu’au jour où les missionnaires, par ordre du pape, peu reconnaissants de la riche hospitalité qu’ils avaient reçue, commencent à exercer leur pouvoir arbitraire et autoritaire, condamnant les cérémonies adoptées par plus de 400 millions d’hommes pour les remplacer par des cérémonies nouvelles.