Superstition qui est l’Artifice.
L’Église catholique du début de l’ère chrétienne durant cinq siècles n’en comprenant ou n’en voulant comprendre la portée s’est efforcée, malgré les efforts de quelques-uns, à remplacer par l’artifice toute la grandeur de la nouvelle philosophie. Et elle y a réussi. C’est ce qu’elle veut dire.
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Page 18. L’effort accompli depuis lors pour substituer à l’erreur des crédulités, à l’inimitié des races et à l’égoïsme des passions, cette morale civilisatrice est devenue le plus grand fait de l’histoire. Depuis le Christ jusqu’à l’heure présente, il s’est, à travers les siècles, continué sans arrêt par l’Apostolat.
Page 21. Le Christ était l’étude de toutes ces écoles et la plupart ne reconnaissaient en lui qu’un homme: c’était ne reconnaître à l’Église qu’un caractère humain.
Voilà donc nettement indiquée la situation qu’a voulu établir l’Église catholique, c’est-à-dire repousser la raison de tous, continuer l’ancienne idolâtrie, fouler aux pieds la nouvelle philosophie humaine si apte au bonheur de tous dans l’avenir, comprenant tous les progrès que l’homme appuyé sur la science peut acquérir avec l’exemple de Jésus, fils de l’homme.
Mais pure excuse, la nécessité d’un artifice, pour conduire à leur guise les peuples soumis, tandis que (ce qui en est le contre-sens), elle prend pour fondation de cette Église... «Sur cette pierre, je bâtirai mon Église.» Sur cette pierre qui est la raison même et non la superstition.
Et pourquoi aussi cet étrange et filandreux argument apte à tromper tout le monde.
Par le Christ, la foi apparaît fondée sur la raison, et la raison s’élève aux certitudes de la foi. En français, cela ne veut rien dire, mais intentionnellement c’est tout un monde.
Cette raison, qui en s’élevant ne devient raisonnable qu’en prenant pour certitude la superstition, superstition artificieuse, la seule qui puisse conduire les peuples.