Ici nous venons compléter les renseignements. En Chine tous les droits en effet appartiennent à l’intelligence et toutes les places se donnent au concours entre ces lettrés. Mais ces lettrés ne peuvent être une caste pas plus qu’aujourd’hui en Europe les savants forment une caste. Tout le monde y a droit.
Il est à remarquer que Platon, Confucius et l’Évangile sont tout à fait d’accord sur ce point d’une société conduite par une aristocratie intellectuelle animée du sentiment du juste et basée sur la raison et la science, n’enseignant aux autres incapables que des préceptes très simples d’honnêteté, telles les lois de Moïse que les docteurs de la loi maintenaient publiques; soit par la clarté de l’enseignement parlé, soit par la simplicité d’une écriture facile à comprendre.
L’Évangile sur ce point est plus explicite, et semble apporter la conclusion de toutes les philosophies. Il semble, avec une lucidité extrême, entrevoir l’avenir et ne cesse de mettre en garde contre une Église qui ne serait pas basée sur la science et la raison. «Mettez le sceau sur ce que je vous dis, à nous seuls appartient le Royaume des cieux; quant aux autres, il ne leur sera parlé qu’en paraboles, afin que...»
Recommandant la simplicité, la pauvreté même, le mépris des richesses.
En face de cela, si nous mettons en regard ce qui précède, il en résulte que cette Église vient par la négation complète de ces préceptes les invoquer d’une part et d’autre part avouer qu’il fallait l’Artifice d’une hiérarchie forte et qui tînt les peuples immobiles.
Et elle ajoute: «C’est alors quand toutes les philosophies et toutes les religions se sont montrées impuissantes à expliquer la vie et à commander le devoir, que le Christ paraît. Par lui, la foi apparaît fondée sur la raison, et la raison s’élève aux certitudes de la foi.»
Aimez votre prochain, comme vous-mêmes.
Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fît.
Pardon: ceci n’appartient pas à l’Évangile, mais à Confucius (livre Tchoung-youngow). Quand l’auteur dit: «C’est alors que le Christ paraît,» il commet sciemment une erreur, car la christolâtrie après avoir été longtemps purement astronomique devint terrestre au moins 3.000 ans avant l’ère chrétienne.
Le Christ de l’Évangile n’est donc que la continuation de Iatu l’ancien messie avec cette différence (différence que l’Église s’efforce de nier) qu’il devient essentiellement fils de l’homme, ce qui est d’ailleurs la seule base compréhensible, raisonnable, humaine, quand la science vient tuer tout surnaturalisme, base de superstition anticivilisatrice.