Je profitai d’un jour où j’étais avec lui à déjeuner sur une goélette de guerre pour remettre la conversation sur ce sujet, et je lui dis: «Je n’ai pas quinze ans de salle d’armes et cependant je vous fais un pari de 100 francs et je vous en rends huit sur dix.» Naturellement il ne tint pas le pari.
Au régiment, à la salle d’armes, les officiers n’y viennent pas, ils préfèrent aller au cercle jouer à la manille. Quant aux soldats, ennui de part et d’autres, eux et le professeur.
Quelques-uns montrent des dispositions, on les nomme prévôts.
Toujours avec l’enseignement militaire, c’est-à-dire, le corps sans la tête.
J’ai eu souvent l’occasion de tirer avec ces prévôts. Tous des mazettes et inintelligents.
Au collège, c’est presque la même chose, il faut un peu d’armes pour entrer à Saint-Cyr, et le professeur cherche à gagner son argent en douceur.
Je me souviens de ce temps: nous avions pour maître le fameux Grisier qui envoyait son prévôt (je ne me souviens pas de son nom, il doit encore exister ayant une salle d’armes à Paris), ce prévôt était célèbre par ses coupés.
Le père Grisier venait quelquefois, engageait le fleuret de la main droite et avec la main gauche nous donnait une légère tape sur la joue. J’en ai reçu.
C’était d’ailleurs un honneur qu’il nous faisait, appelant cela la botte Grisier. Il avait été maître d’armes de l’empereur de Russie.
Assez causé d’armes et qu’on m’excuse: c’est ce fameux gendarme qui sort de Joinville-le-Pont. Mais je ne vous lâche pas pour cela, car je vais de ce pas vous ennuyer avec une petite leçon de boxe. Là encore histoire de me vanter.