Mes premières leçons de boxe ne sont pas de première jeunesse. Mon professeur fut un amateur, un peintre qui se nommait Bouffard, à Pont-Aven. Quoique amateur, il était passablement fort: j’ai continué depuis et cela m’a servi quelquefois, quand cela ne serait que pour se donner de l’assurance. Mais il s’agit de boxe anglaise, tandis qu’à Joinville-le-Pont on fait ce qu’on appelle de la boxe française ou pour mieux dire de la savate. Étant marin, j’avais fait de la savate, mais histoire de rire.
Charlemont fils, aujourd’hui le grand champion de la boxe française, a composé une vraie boxe, et non exclusivement la savate. Bien loin, bien loin de cela, l’École de Joinville-le-Pont.
En tant qu’imparfaitement l’école anglaise est meilleure.
La boxe de Joinville-le-Pont n’a de valeur que pour un homme très agile, acrobate, et très exercé: de première force. Sinon elle est un vrai danger qui vous met vite à la merci d’un boxeur très médiocre de la boxe anglaise.
Voilà toute ma leçon de boxe qui consiste à vous mettre en garde contre l’École de Joinville et s’il vous prend fantaisie de vous y adonner, ayez des jambes agiles, pratiquez tous les jours, quittez toute lecture et devenez une brute.
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Autrefois la chanson était (toujours un souvenir d’enfance): «Maman, les petits bateaux qui vont sur l’eau...»
Aujourd’hui les bateaux vont sous l’eau: que devient la chanson?
Les vieux ronchonnent et disent: «De notre temps!»
Mais à la mer, les gros poissons mangent les petits. Ici ce n’est pas le cas, puisque les petits bateaux, ils mangent les gros.