Ici se pose une question de procédure. Manque de vitalité: n’est-ce pas un vice de forme? et alors dans ce cas n’aurait-on pas chance de gagner en allant en Cour de cassation.

Cet extraordinaire gouverneur qu’on nomme Ed. Petit écrit au ministre.

«Aux Marquises, la race disparaît de plus en plus. N’y aurait-il pas lieu de nous envoyer le trop-plein de la Martinique.»

Ceci écrit après la catastrophe du volcan.

Cela ressemble un peu à cet aide de camp qui vient trouver l’empereur Napoléon Iᵉʳ.

«Sire! cent mille hommes vous attendent en bas. N’y aurait-il pas lieu de les faire monter par le petit escalier dérobé?» Et Napoléon Iᵉʳ de répondre. «Dites-i qu’ils entrent, mon bon!»

Si au Helder ou autre bouzin, voire même aux Folies-Bergère, vous rencontrez Ed. Petit, dites-lui qu’il n’a pas son pareil.

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Dieu, que j’ai si souvent offensé, m’a cette fois épargné: au moment où j’écris ces lignes un orage tout à fait exceptionnel vient de faire des terribles ravages.

Dans l’après-midi d’avant-hier, le gros temps qui s’accumulait depuis quelques jours prit des proportions menaçantes. Dès 8 heures du soir, c’était la tempête. Seul, dans ma case, je m’attendais à chaque instant à la voir s’écrouler: les arbres énormes qui au tropique ont peu de racines sur un sol qui une fois détrempé n’a plus de consistance, craquaient de toutes parts et tombaient sur le sol avec un bruit sourd. Surtout les maiore (arbre à pain qui ont un bois très cassant). Les rafales ébranlaient la toiture légère en feuilles de cocotier, s’introduisaient de tous côtés, m’empêchant de tenir la lampe allumée. Ma maison démolie avec tous mes dessins, matériaux accumulés depuis vingt ans, c’était ma ruine.