—Ah, il y a du monde, fit le Jésuite, tout près déjà de s'esquiver. En ce cas, je retourne.

—Eh quoi, n'êtes-vous pas attendu? Entrez, mon Père.

Le Jésuite trouva M. Puyoo avec un second prêtre, dans son cabinet, haute pièce à trois fenêtres, dont le papier aux bouquets pâlis tombait en lambeaux. Des livres, des paperasses, d'innombrables brochures se chevauchaient sur des rayons, sur la cheminée, sur deux grandes tables de travail, non sans encombrer un meuble Louis XIII à tapisserie pieuse. Deux lampes à abat-jour verts doraient ce désordre.

Sur l'un de ces foyers, le profil grassement dessiné de M. Puyoo se détachait en noir, ourlé d'une ligne lumineuse. De l'autre personnage, éclairé de face, on ne voyait d'abord que ses yeux perçants, une main courte et soignée où il appuyait son front. C'était M. Dabitaing, secrétaire particulier d'un des vicaires capitulaires. Il y en a deux dans ce diocèse qui abrita jadis Jansénius: l'un pour le Pays basque, l'autre pour le Béarn. C'est à ceux-ci, en l'absence d'évêque, dont on espérait vainement un depuis quatre ans, depuis la mort de S. G. Mgr Cassoubieilh, qu'avaient été délégués les pouvoirs de la crosse.

Après les présentations, et non sans avoir débarrassé un fauteuil pour le nouveau venu, M. Puyoo entama le dialogue à sa façon, qui était directe, sinon sincère, lui-même étant un diplomate du type brutal.

—Permettez-moi, mon Père, dit-il, de vous demander des nouvelles de votre nouveau pénitent.

Si M. Puyoo avait compté sur cette attaque pour troubler le Jésuite, il fut déçu.

—Vous voulez, sans doute, répondit celui-ci, parler de M. Lescaa, à qui je viens en effet de rendre visite. M. Emmadelon, son médecin, ne se prononce pas encore.

—Vous n'êtes pas plus affirmatif, à ce que je vois, mon Père, et plaise au Ciel que vous puissiez l'être davantage pour son âme.

—M. Lescaa a toujours eu le renom d'un homme de bien, fit le Jésuite.