Cérizolles, surpris du timbre, et, si l'on peut dire, de la physionomie de sa voix, contempla ce visage si mobile que les moments, les aspects, en étaient insaisissables.

—Je ne vous absoudrais pas sans pénitence, dit-il, peut-être sans discipline. C'est d'ailleurs la principale force des armées.

Un éclair de rancune passa dans les yeux de la jeune fille.

—Et des mamans, dit-elle. Ah tyrannie! Et quand on est délivré des terreurs, des larmes de l'enfance, et des mains maternelles, c'est pour tomber à celles des hommes: les hommes, oui, indulgents entre eux, inexorables pour nous.

—Mais c'est de l'éloquence, interrompit Cérizolles, de sa voix sarcastique.

Guiche était lancée, comme une cavale échappée du paddock. Elle n'écoutait rien.

—En voilà un (du pouce, elle indiquait Vitalis, éloigné près de la notaresse), sous prétexte que nous jouions, enfants, à femme et mari, il se donne déjà les airs de ne rien pardonner.

—Déjà? demanda l'autre.

Sabine devint rouge, et sa joue comme une pomme mûrissante d'un vert ivoire, où commence l'écarlate à poindre.

—Et savez-vous, continua-t-elle, pourquoi il me faisait la tête? Parce que je veux apprendre le violon; parce que je fais le poteau, quand je suis seule avec mes chiens...