—En cousant les gilets de votre groom. Oh, sûr que si, mademoiselle Sabine. Mais vous êtes si grande maintenant...
—Que vous regrettez de n'avoir pas grandi aussi, fit la jeune fille en riant.
Vitalis causait avec Jean et Mme Etchepalao; et ils approchaient de Sainte-Marthe, quand on commença d'entendre une rumeur lointaine encore et inégale, voix des foules, qui rappelle le bruit de la mer.
—Ça y est, dit Firmin, ils y seront avant nous.
—Où ça, demanda Cérizolles, à qui Vitalis éclaircit alors ce qui se passait.
—Et nous, reprit-il, qui voulions tout juste voir l'émeute. On pourrait aller chez les Beaudésyme, si ce n'est pas indiscret.
—C'est que, pour les dames, dit Firmin, elles seraient peut-être mieux autre part. Oh, ça n'est pas qu'on risque des coups de fusil... mais enfin.
Clarisse parut indécise; mais Sabine déclara qu'elle irait, en compagnie ou non, assister Basilida. Et peut-être disait-elle cela par jalousie, en cas que Vitalis ne l'allât défendre seule. La jeune femme eut alors à cœur de ne pas faire voir devant Cérizolles moins de vaillance que Guiche, et soutint son avis; en suite de quoi, tout le monde se rendit chez les Beaudésyme. Mais, sur le conseil de Firmin, on passa par la petite porte qui s'ouvrait sur une ruelle, tout près de ce figuier où Vitalis baisait naguère les joues en fleur de Detzine. Ce fut elle qui parut, au bruit de la sonnette, et très émue.
—Ah, mon Dieu, gémissait-elle, au lieu d'aller annoncer, tandis que Firmin mettait le verrou, qu'est-ce qu'on va nous faire?—Oui, Mademoiselle, dans le salon.—Et ils crient tous: Prends l'argent, prends l'argent.—M. le curé de Saint-Éloi, aussi; mais le chef de gare est parti, avec le directeur.—Et ils ont jeté des sous.
—Quelle chance que mon parrain ne soit pas là, dit Vitalis.