—Voilà M. Puyoo qui sort, dit Basilida, dont le demi-jour laissait voir la pâleur croissante. Il va leur parler.
Sabine s'élança à l'autre fenêtre.
—Je m'étonne qu'il se risque, dit Vitalis, au moins sans avantages.
—Et sa popularité, expliqua Mme Beaudésyme.
Le curé, qu'on ne voyait plus, ouvrait sans doute le portail de la cour, dont la serrure grinça, dans le tumulte. Puis il y eut une trêve, et quelques paroles indistinctes interrompues par de nouveaux cris, contradictoires: «A bas la calotte! Vive M. Puyoo!» Celui-ci parla encore. Soudain, comme s'il eût été emporté par des eaux, la grande voix de la foule couvrit sa voix. On distingua encore: «A bas la calotte! A bas l'Onagre!» La cour s'était remplie de monde. Sur le sable d'or jaune, on en voyait courir que leur ombre semblait contrefaire. D'autres marchaient dans les géraniums qu'ils écrasaient; et Guiche en respira de loin l'odeur poissonneuse.
Bientôt les pierres recommencèrent de pleuvoir, plus nombreuses. Tous les trois, maintenant, ils écoutaient le péril gronder et croître. Des coups retentirent plus près, contre la porte d'en bas. Soudain, on entendit qu'elle s'ouvrait, et sonner la belle voix du notaire.
—Il faut pourtant que je descende, dit Vitalis.
Mais Basilida, dans l'exaltation du péril et du bruit sentait égarer sa raison:
—Ne t'en vas pas, Vitalis, cria-t-elle, insoucieuse que Sabine l'entendît: écoute!
Les paroles de Beaudésyme se répandaient sur le vacarme comme une huile d'or. Il y eut un instant de calme, puis d'autres cailloux, et tout à coup un juron aigu de Cérizolles, atteint sans doute, et un coup de feu. La voix de tête de Laharanne appela Beaudésyme, comme un clairon. Puis il y eut la porte qui se referma, et, de nouveau, le silence.