A ce moment passe près d'eux une assez belle personne, vêtue d'un de ces horribles costumes de louage qui semble faits de toile goudronnée.
—S'il est possible, fait Mariolles, de se fagoter comme ça... C'est dommage: elle n'est pas si mal faite. Voyez ses jambes; fines, nerveuses...
Et Tony fait des yeux d'homme pas marié. Ceux de Sylvère, un instant, comme la mer, s'obscurcissent; et elle n'est plus rouge du tout.
—Vous connaissez cette baigneuse, que vous la regardez comme ça?
Sa voix aussi est un peu changée. Tony n'a pas de peine à démêler en elle la première et passagère atteinte de la jalousie. Et Tony, avec la sottise de son sexe, y prend plaisir. C'est avec un gracieux sourire qu'il répond:
—Je ne la connais pas, mais je déplore qu'elle ait un costume si mal fait et si long.
—Vous voudriez qu'elle fût toute nue, peut être?
—Sylvère!
—Puisque je sais maintenant les costumes qui vous plaisent, vous verrez comment je me baignerai.
—Je ne pense pas, dit Mariolles d'un air moins gai que tout à l'heure, que vous preniez des bains de mer à Biarritz.