—Que voulez-vous lui répondre? dit cependant San Buscar avec orgueil.

Mais Sylvère reste silencieuse. Elle regarde les Landes plates, toutes noires, maintenant, glisser le long du train.

A son côté, tout à coup, la vitre éclate, et une grosse pierre vient frapper San Buscar à la tête, sans force d'ailleurs. Il y a une minute d'effarement dans le wagon. On s'empresse autour de la victime qui n'a rien qu'un peu de surprise vaniteuse à l'idée d'avoir «essuyé» un attentat. Et il ne peut s'empêcher de croire que c'est lui spécialement qui a été visé.

Les gens continuent à s'agiter...

Un vieux monsieur pose des conclusions.

—Il est inadmissible que ce soit une plaisanterie. Le projectile, pour avoir percé une vitre aussi épaisse, a dû être lancé avec une fronde, et lancé adroitement. Non, c'est bien le crime d'un anonyme contre des anonymes, le type primitif de l'attentat anarchiste...

—... L'âge de la pierre impolie, dit Mariolles pour dire quelque chose.

Cependant Mme de San Buscar soupèse la pierre dans ses mains; elle a la forme à peu près et la grosseur d'un oeuf de cygne.

—J'en ferai un presse-papier, songe-t-elle tout haut. Et elle reprend: Comment s'appelle la place, savez-vous?

—Ychoux, je crois.