Et je reprends mon poste de combat, sur le divan.
—Il va faire nuit tantôt, dit Nane.
—C'est le demi-jour propice aux doux larcins, dont on vous a sans doute déjà parlé. Non, ne me repoussez pas les mains, elles reviendraient.
Mais elle n'oppose plus qu'une faible résistance: elle calcule peut-être que d'ici l'heure du dîner il reste peu de temps à perdre.
—Est-ce que vous avez mis le verrou? demande-t-elle.
* * * * *
Ma flamme vient d'être couronnée: ces choses-là ne vont pas sans qu'elle en soit d'abord sinon éteinte, au moins affaiblie. Nane elle-même, parmi de nombreux coussins, semble appartenir tout entière à ses pensées, et un grand silence pèse sur nous de toute part.
—Je voudrais, dit-elle tout à coup, que Jacques nous voie comme cela.
Mais Jacques ne nous verrait pas (et il vaut autant), car il fait maintenant presque nuit noire. Et tout en allumant les lampes je songe, non sans quelque regret, au cercle, où l'on se nourrit si bien entre hommes; et qu'il va falloir dîner en cabinet avec Nane, et le garçon, comme compagnie, de temps en temps.