—Ah! oui, des salades.
—Dès qu'elles auront poussé, les loches viendront et mangeront tout. Il faudrait passer la nuit à côté, avec une lanterne.
—Tu ne feras pas ça.
—Je suis trop vieille, vois-tu. Ah! si ton pauvre père vivait encore, lui qui les aimait tant.
Cet amour d'un mort pour les salades me suggère des plaisanteries auxquelles il vaut mieux ne pas donner jour. Je préfère parler de l'arbre malingre où je m'appuie, et qui est le géant du jardin.
—Vous avez là, Madame, un beau prunier.
—Oui, il pousse; mais je crois que c'est plutôt un pommier.
—Comment, tu n'es pas plus fixée que ça?
—Je vais te dire: dès qu'il vient quelque chose, les moineaux aussi, et adieu!
—Il faudrait peut-être, dis-je, se tenir à côté, toute la nuit, avec une lanterne.