Et voilà!

—C'est tout? demanda Eliburru.

—C'est tout, mais vous aviez bien raison; les inventions de nos romanciers les plus populaires pâlissent à côté des drames de la vie réelle.

—Quand je vous le disais, répondit le philosophe. Et, s'asseyant au piano, il se mit à «broder les plus folles variations» sur sa dernière oeuvre musicale, la bruyante Nec mortale Sonate.

VII

Nane-au-Miroir

I

«Abyssus abyssum fricat.»
(N.)

L'abyme appelle l'abyme.

C'est un dessin d'Aubrey Beardsley, cet excellent élève du Primatice, un dessin pour la «Boucle» de Pope, qui a inspiré la table drapée de batiste et de dentelle où mon amie Nane, qui devait dîner en peau ce soir-là, se tenait assise. Les brosses, les houppes, les limes, dont elle avait cessé de se servir, gisaient en désordre et, sous les ampoules voilées de rose-saumon, elle considérait dans un miroir ourlé d'or, l'ambre pâle de ses épaules ou de ses bras, et cette face victorieuse qui lui est à elle-même comme un monstre toujours nouveau. Elle fit reluire les dorures de ses yeux, abaissa ses paupières jusqu'à ne plus apercevoir que la tache des cils, retroussa de côté sa lèvre supérieure pour se donner l'air sardonique, et, découvrant enfin l'ombre touffue d'une double aisselle en croisant ses mains derrière son cou, me dit: