Toute jalousie à part, la combinaison ne me paraît convenable qu'à moitié.
—Voulez-vous attendre jusqu'à une heure? Je me sauverai de façon à pouvoir vous prendre vers cette heure-là.
—Oh! c'est beaucoup trop tard: on arrive de bonne heure chez Lycoris.
—Comme vous voudrez, alors.
La scène est au Palais de Glace. Nane me quitte pour patiner, je la suis de l'oeil, qui glisse et tourne, pleine d'une languissante aisance: si elle se flanquait par terre, au moins; qu'elle fût ridicule, et criât. Mais le ciel reste sourd d'ordinaire à nos voeux les plus légitimes.
Quelqu'un vient s'accouder à côté de moi: c'est Yeïte, jolie fille, qui est en train de passer à la mode, non sans y recruter vraiment un peu trop d'électeurs. Métis il n'y a pas un an encore, il faut le dire, qu'elle faisait de la figuration dans les tavernes du quartier Latin; et il lui en reste quelque chose.
—Ah! ah! me dit-elle! nous z'yeutons Madame. (Beaucoup de gens ont cette opinion déraisonnable que je suis jaloux de Nane.)
—Si vous saviez ce que cela commence à me laisser froid. Elle ne m'en fera jamais autant que je lui en voudrais rendre—avec vous.
—Chich!
—Mais êtes-vous veuve?