»Celle-ci a été—avant tout—d'ensevelir à tout jamais dans des ténèbres impénétrables l'identité de sa victime.
»C'est pour cela qu'il l'a dépouillée avec soin de tout ce qui pouvait contribuer à établir cette identité.
»C'est ainsi que, s'il lui a laissé ses bagues aux doigts, ses diamants à la chemise,—des diamants qui auraient tenté des malfaiteurs de profession,—et sa chaîne à la boutonnière de son gilet, il a eu la précaution de lui enlever sa montre et de lui arracher la coiffe de son chapeau.
»La montre pouvait porter le chiffre de son propriétaire, un numéro d'ordre, le nom d'un horloger.
»La coiffe pouvait être historiée de l'adresse d'un chapelier.
La tâche de la justice
»Celle-ci a là, devant elle, un problème de haute algèbre criminelle dont un des termes lui manque pour travailler la solution.
»En effet, pour déterminer la cause et le but du crime, pour en poursuivre et pour en atteindre l'auteur, il faut, dès l'abord, en connaître la victime.
»Or, nous le répétons, la justice a affaire à un virtuose du mal. Un virtuose servi par les circonstances non moins que par ses propres combinaisons. La machine du train 44 a agi de concert avec lui. Le décapité ne parlera pas.
»Tout Paris ira le voir à la Morgue. On multipliera les recherches. Mais les recherches demanderont du temps. Et, dans ces sortes de battues, chaque heure qui passe donne une sécurité au gibier et diminue les chances de la meute.