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A cette injonction, mademoiselle Fine-Lame devint pourpre.

Cet acte de mendicité était ce qui l'humiliait, ce qui la révoltait le plus au monde.

A travailler devant le commun des spectateurs, elle n'éprouvait aucune honte. Elle y ressentait même un certain plaisir. C'était son métier, après tout. Elle l'avait appris dès l'enfance, et elle l'exerçait depuis qu'elle se connaissait.

Mais tendre la main à des gens qui la rabrouaient brutalement, ou qui—chose plus fréquente, et plus pénible, et plus affreuse,—en échange de la menue pièce de monnaie qu'ils déposaient dans sa sébile, se croyaient en droit de la salir de leurs plaisanteries cyniques, de leurs propositions infâmes et parfois, de leurs attouchements hardis...

Voilà, oh! voilà qui la blessait, qui la poignait, qui la déchirait dans tous ses instincts d'honnêteté, dans toute la virginité de son esprit, dans toute la fierté de son cœur!

Cependant, quand la grosse femme avait parlé, il ne s'agissait plus que d'obéir.

La jeune fille prit donc avec résignation l'extrémité des doigts que le paillasse lui offrait avec force lazzis.

Tous deux, ils descendirent de la «scène» dans la «salle» et la manche commença.

VI
LE ROMAN DE LA ROSE