Et, sur cet aphorisme, le pseudo-captain salua de la main son interlocuteur, comme pour lui indiquer que, l'entretien étant terminé, il était libre de prendre congé.

L'autre n'en fit rien, cependant. Il demeura debout, près du seuil, le sourcil froncé, le front pensif, la mine assombrie et soucieuse.

—Qu'est-ce? interrogea le gentleman. Qu'avez-vous, respectable ami? Quelque obstacle imprévu viendrait-il entraver la réussite de nos desseins?...

—Il s'agit justement de notre spadassin... Le Marignan est dangereux... Et je redoute fort que, quand il aura tiré les marrons du feu, il n'ait la prétention de les croquer avec nous...

—En vérité!...

—C'est un chat-tigre... Il a des griffes au bout des pattes... Et votre sirène de pupille lui a mis, comme à vous, la cervelle à l'envers...

—Comment, ce drôle...

—Ce drôle s'imagine que c'est pour lui qu'il travaille, et, quand il aura reconnu qu'il n'a été qu'un instrument entre nos mains, nous aurons tout à redouter de son ressentiment, de sa colère...

—Débarrassons-nous en alors... Quand nous n'aurons plus besoin de lui... Que diable! il ne doit pas manquer à Paris, comme ailleurs, de bons compagnons disposés, moyennant finances, à éliminer de ce monde un quidam inutile, gênant ou dangereux...

—Oh! certes, opina l'ex-officier ministériel, il n'y aurait qu'à s'adresser à l'excellente dame Héloïse Chamoiseau, la digne femme qui, d'un pavé sur la tête, nous a débarrassés de l'homme qui avait écouté notre conversation dans les massifs du bois de Boulogne...