Il n'y avait pas jusqu'à la trivialité de son esprit, de ses goûts, de son jargon et de ses allures qui ne fût, chez elle, un attrait de plus pour certaines gens et comme le condiment obligé, naturel et épicé de l'originalité de sa physionomie, de son caractère et de son talent.

Défauts qui lui tenaient lieu des qualités absentes: au demeurant, un être parfaitement insupportable et dont on s'engouait facilement.

M. de Saint-Pons ne l'aimait point, pourtant.

Il avait bien été contraint de se l'avouer, quand avait sonné l'heure de la satiété.

C'était pour lui une sorte d'application vivante de la loi du talion. Il s'en servait pour essayer de rendre à Florette douleur pour douleur et affront pour affront. La maîtresse qu'il se donnait valait l'amant que la jeune fille avait choisi. Partant, quittes.

Il ne se doutait pas, le malheureux enfant, qu'en agissant de cette façon, il ressemblait à ces morveux qui piétinent dans le ruisseau pour éclabousser le passant, sans s'apercevoir que la boue qui rejaillit sur les autres leur monte, à eux, jusqu'aux genoux et leur souille jusqu'au visage!

En attendant, il n'était bruit que de ses prodigalités à l'endroit de la comédienne, avec laquelle il ne perdait aucune occasion de s'afficher.

Habilement exploité par les intéressés,—Me Bouginier et le pseudo-Samuel,—ce tapage, nous l'avons vu, n'avait pas manqué d'offusquer les oreilles de notre héroïne.

De son côté, Roger n'avait pas été sans entendre parler des succès dans le monde de cette riche héritière qu'on rencontrait maintenant partout, que le beau Marignan suivait partout, et dont la liaison—innocente ou coupable—avec ce dernier n'était plus désormais un secret pour personne: flirtage qui aboutirait assurément à un mariage, s'il ne dissimulait une intrigue menée de longue date avec art.

Ces on-dit avaient exaspéré le ressentiment du pauvre garçon.