—Mes compliments, messieurs... Livingstone et Stanley ne vous vont pas à la cheville... Et depuis quand dans nos murs?...
—Depuis hier matin par l'express de Marseille... Mais asseyez-vous donc... Un apéritif avec nous, hein?...
—Volontiers.
Blanchereau et Ledru étaient deux jeunes viveurs, issus de roture, lesquels n'avaient d'autre souci que de manger, à ne rien faire, l'argent que leurs bourgeois de parents avaient gagné en travaillant.
Marignan avait noué commerce d'amitié avec eux dans les cafés et les cabarets du boulevard, les foyers de certains théâtres, le boudoir de certaines cocottes et ces fêtes du demi-monde dont il était le boute-en-train.
Aussi prit-il place à leur table et, après avoir accepté un madère et un cigare:
—Ma foi! déclara-t-il, je suis heureux de vous rencontrer. Vous allez me rendre un service.
Le front des deux amis se rembrunit. Ledru et Blanchereau faisaient la paire. Or la paire n'était point prêteuse; c'était là son moindre défaut.
—Rassurez-vous, poursuivit l'autre en riant. Je ne suis pas encore à la côte. Non: il s'agit de tout autre chose...
Et, après leur avoir raconté—en l'arrangeant à sa façon—ce qui avait eu lieu aux courses, il les pria de l'assister le lendemain...