Celui-ci s'y était installé avec sa nièce—une adorable jeune fille—et un assez nombreux domestique, exclusivement composé d'Américains et d'Anglais.

Nous l'y retrouvons en train d'arpenter un salon du premier étage dont le balcon dominait l'avenue.

Ce balcon semblait exercer sur le prétendu Samuel une singulière attraction.

A chaque instant, il interrompait son va-et-vient pour s'en approcher comme malgré lui.

Toutefois on aurait pu croire qu'il craignait de s'y montrer.

En effet, il ne dépassait point le seuil de la large porte-fenêtre qui y donnait accès, et, se contentant d'en soulever le rideau avec des précautions extrêmes, il interrogeait le dehors d'un œil anxieux et irrité:

—Je ne veux pas, murmurait-il, qu'elle se doute que je guette son retour... Elle se défierait, d'abord... Et puis, par ma foi! ce serait par trop ridicule!...

Il n'était pas encore midi.

A cette heure, l'avenue est médiocrement fréquentée.

Dans la partie affectée aux véhicules et aux piétons on ne rencontre que des palefreniers, des maquignons, des cochers promenant leurs chevaux,—les uns en main, drapés de couvertures, les autres attelés à des breaks, à des dog-carts, à des voitures vides dont les glaces sont baissées,—et des cantonniers arrosant le sable des allées et le gazon des parterres.