QUATRIÈME PARTIE
LA RÉSURRECTION DE PATTE-DE-FER
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I
CHANGEMENT DE DÉCOR
Franchissons quelques semaines et enfilons l'avenue qui soude la grille du bois de Boulogne à l'arc triomphal de l'Etoile et à la ligne des Champs-Elysées, voie Appienne moderne par où l'Elégance monte faire son tour du lac, comme la Mode montait faire à Longchamps jadis cette promenade qui dictait des lois au monde entier.
Dans le double ourlet de verdure qui borde ce ruban de poudre d'or, des bâtisses bien habitées étincellent en blancheur ainsi que des perles dans une frange.
Il y en a de tous les styles.
Ici, c'est un châtelet à pignons et à tourelles; là, un temple grec à colonnade et à fronton; plus loin, une villa italienne, un cottage anglais. A les examiner de près, on sourirait des prétentions monstrueuses ou naïves que révèlent ces architectures internationales. Mais on ne les aperçoit qu'en courant. Ce qui ne nous empêche pas de penser qu'on devrait établir pour les personnes trop riches une école de goût gratuite et obligatoire.
L'un de ces petits hôtels, comme disent les affiches de vente, situé au coin de la rue de la Pompe, venait d'être acheté par l'opulentissime Yankee dont Paris s'était occupé un moment.