Que signifiait la pantomime mystérieuse de Florence? Pourquoi cette défense répétée de toucher au vin, au souper?

Le marquis en était à se demander si les signaux redoublés de la Benjamine ne constituaient pas une sorte d'espiéglerie de jeune fille, si celle-ci jouissait bien de la plénitude de son bon sens, ou si ses yeux, à lui, n'avaient point été le jouet d'une illusion, d'un mirage...

Mais non: l'expression du visage de l'enfant excluait—de beaucoup—toute idée de plaisanterie.

Ensuite Florence avait été claire et précise en son mutisme.

Enfin si, d'aventure, son œil halluciné avait trompé le gentilhomme, il ne pouvait—certainement—en être ainsi de son oreille. La Benjamine avait parlé. Elle avait parlé au nom de Denise. Quel hasard lui avait appris le lien secret qui existait entre le marquis des Armoises et la sœur de Philippe Hattier?

L'émigré en perdait la tête.

Dans sa préoccupation Gaston se dirigea instinctivement vers la croisée, qu'il ouvrit avec précaution...

L'orage était à bout, et les dernières nuées couraient au ciel éclairci. Sous la fenêtre s'étendaient la cour, dont nous avons donné la topographie, et, par delà cette cour, le verger et le bouquet de bois que nous avons mentionnés. Ceux-ci s'étageaient sur un terrain en pente dont le bouquet de bois formait le point culminant. Gaston n'eut pas le temps de remarquer que, de ce côté, le Coq-en-Pâte, faisant faubourg, s'isolait de toute espèce d'habitations. Quelque chose qui remuait sous les grands arbres accapara son attention...

Comme il cherchait à démêler ce que ce pouvait être, la lune démasqua son disque des nuages,—et la silhouette de trois hommes se détacha d'une façon nette sur l'horizon éclairé subitement.

Ces trois hommes, se baissant et se relevant alternativement, avaient l'air de fouiller le sol, à coups redoublés, du fer d'un instrument—aigu ou tranchant—qu'ils manœuvraient en cadence.