Après avoir traversé—tout étonnée de n'y rencontrer personne—le rez-de-chaussée du Coq-en-Pâte, ainsi que la cour et le jardin qui faisaient suite, elle se préparait à entrer de ce dernier dans le verger, quand, soudain, elle s'était arrêtée tout d'une pièce.
—Hé! dépêche-toi, la mignonnette! lui cria le frère aîné, d'un ton de joyeuse humeur. Nous sommes à la fraîche,—par ici,—sous les arbres.
La fillette fit un mouvement pour obéir à cet appel. Mais son corps se raidit contre sa volonté. Une idée la clouait au sol. Et ses pieds demeuraient attachés invinciblement à la place où elle était parvenue,—près du petit mur à hauteur d'appui qui séparait le jardin du verger...
Joseph, cependant, continua:
—Avance donc, sapristi! Est-ce que tu as la berlue? Nous avons déjà commencé. On est en train de ne pas t'attendre...
La fillette fit signe qu'elle ne pouvait pas. Joseph se leva et vint à elle:
—Eh bien! qu'est-ce que c'est que ça, ma mie?... Tu auras trop couru pour revenir des Armoises... Allons, voyons, on va t'aider...
Il la prit par le bras et fit mine de la conduire. Mais elle, se dégageant d'un geste plein d'horreur:
—Laissez-moi! Ne me touchez pas! Vous me faites mal!
Tout l'effroi que peut éprouver une créature humaine était sur son visage. Son interlocuteur n'eut pas l'air d'avoir entendu: