Nous écrivons: avant de mourir!... En effet, Denise songeait à mourir.

—Ah çà! s'exclama l'officier, ces châteaux de cartes sont superbes. Mais un souffle peut les renverser. Si ta petite amie allait ne pas m'aimer?...

On entendit comme un soupir. La jeune femme étendit le doigt vers la porte:

—Il y a quelqu'un là, fit-elle.

Le lieutenant courut à la porte et poussa une exclamation de surprise.

La Benjamine était debout, chancelante, sur le palier. Son œil humide remerciait le ciel. Ses lèvres priaient.

Lorsque Philippe parut brusquement devant elle, ses genoux fléchirent. Pour ne pas tomber, elle se retint à la rampe de l'escalier. L'officier la prit dans ses bras et la déposa dans la chambre, sur un siège, près de Denise...

La pauvre enfant n'avait point de paroles, parce qu'elle était trop heureuse...

Elle considérait en silence le soldat, qui, de son côté, l'examinait à la dérobée, dans une attitude gauche, gênée, presque craintive. Cette attitude était une question muette.

Denise prit la main de son amie et la mit dans celle de son frère. Puis, elle se retira à l'écart pour ne pas entraver leurs expansions. Peut-être aussi le spectacle de cette joie ravivait-il en elle de navrants souvenirs? Les deux amoureux ne parlaient point. Ils se regardaient et se souriaient. Il y avait un échange d'aveux et de promesses dans ces sourires et ces regards.