«Les exécuteurs de Nancy, de Metz et de Colmar assistaient leur confrère d'Epinal dans sa funèbre besogne Joseph, François et Sébastien subirent leur peine les premiers. La vie semblait les avoir abandonnés depuis la sortie de la geôle. Suivant l'expression de l'un des bourreaux qui les dépêchèrent, on ne guillotina que leurs cadavres. Marianne vint ensuite. En montant les degrés de l'échafaud, la grande fille se tourna vers sa mère qui descendait de la charrette:

»—C'est pourtant vous, lui cria-t-elle, qui nous avez conduits ici!

»Agnès Chassard ne répondit point. Mais en gravissant à son tour les marches de la fatale machine, elle murmura assez haut, en embrassant du regard la foule qui s'entassait aux fenêtres et qui se pressait jusque sur les toits des maisons:

»—Si, au commencement de mon commerce, j'avais eu autant de petits écus que voilà de curieux et de désœuvrés, je n'aurais pas eu besoin de faire le mal pour vivre.

Sa tête tomba la dernière.»

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L'enfant de Denise Hattier n'ayant survécu que quelques mois aux terribles émotions qu'il avait éprouvées, la jeune femme était entrée au couvent des Dames de la Visitation de Nancy.

Le lieutenant Philippe, de son côté, avait quitté le corps de la gendarmerie et avait obtenu de passer avec son grade dans un régiment de cuirassiers. Il se fit tuer à Wagram.

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Pendant le trajet de la prison à l'échafaud, un plaisant—il s'en trouve partout et dans toutes les circonstances,—avait dit, en faisant allusion à la robe écarlate qui drapait les condamnés: