Une heure—environ—s'écoula.

L'hôtellerie était devenue sombre et muette du haut en bas. Pourtant, on aurait eu tort de croire que tout le monde y eût la nuque sur l'oreiller. Dans la soupente qui se superposait à la cuisine, les lits des trois gars étaient vides. Vide aussi celui de la mère,—vide celui de la sœur aînée,—dans le poêle (chambre commune) qui confinait à la Salle des Voyageurs.

Dans ce poêle, la couchette de Florence seule était occupée. La fillette paraissait dormir, la tête noyée dans ses cheveux blonds. Ses couvertures,—soigneusement tirées et bordées,—lui montaient jusqu'aux épaules.

On n'entendait que le tic-tac du coucou de la salle.

Bientôt l'horloge rustique sonna minuit.

Florence ouvrit les yeux au bruit et se souleva sur son coude. D'abord, elle sembla écouter. Rien ne vivait dans le logis. Elle jeta, ensuite, un rapide regard sur les lits de la veuve et de Marianne et n'eut point l'air surpris outre mesure de l'absence de celle-ci. Elle se glissa, alors, hors de sa couchette...

Sous ses couvertures, elle avait conservé un jupon...

La porte du poêle, doucement sollicitée, vira—sans crier—sur ses gonds.

Florence traversa avec précaution la Salle des Voyageurs...

Dans la cuisine, il y avait,—comme nous l'avons précisé,—un corridor qui aboutissait à une cour...