La face de Sébastien et de François, voire celle de la belle Marianne,—laquelle avait les goûts comme la force d'un homme,—s'empourprait d'un commencement d'ivresse.

Leur aîné,—qui avait levé le coude pour le moins aussi souvent qu'eux,—conservait tout son sang-froid. Quant à Agnès Chassard, elle ne buvait que de l'eau. Boire son vin quand on peut le vendre est une folie ruineuse.

—Maman, disait Joseph, je vous signe mon billet que vous avez été superbe: je vous écoutais dans la salle, vin quand on collé contre le rideau de la vitre...

—On ne se défie pas du chien qui lèche, répondit la veuve sentencieusement.

Elle poursuivit avec un reste d'inquiétude:

—Un instant, j'ai bien cru que le freluquet avait eu vent de quelque chose... Refuser de boire et de manger... Pour sûr, ça n'est pas naturel...

—Bah! repartit François, votre marquis de quinze onces a éteint sa bougie. Il doit ronfler comme un sabot. On le pincera au lit comme un lièvre au gîte...

—D'ailleurs, appuya Sébastien d'un ton décidé, il est seul et nous sommes trois. S'il faut se bûcher, on se bûchera. Que diable! on est venu à bout de plus solides!...

Marianne le regarda de travers:

—Depuis quand ne sommes-nous que trois lorsqu'il s'agit de travailler? On ne renâcle pas sur l'ouvrage, Dieu merci. De vous tous qui êtes ici, lequel pourrait se vanter d'assommer un chrétien,—d'un coup de hachette ou de merlin,—aussi proprement que je l'ai fait, la dernière fois, de ce gros brasseur de Strasbourg, qui, sans moi, vous aurait donné un joli peloton de fil à retordre?...