Elle est là et non ailleurs : supprimer la dot !
OBJECTIONS AU MARIAGE
L’union libre inquiète à raison la majorité de celles qui n’ont pas encore trouvé d’épouseur. Il faut « sauter le pas ». Et voilà ce qui effraie tant de jeunes filles, averties par un secret instinct de l’égoïsme et de la veulerie du mauvais compagnon qui les guette.
Le mariage, à option égale, demeurera, elles le savent, toujours préférable.
Encore faut-il pouvoir se marier. Et nous tournons dans ce cercle vicieux. La jeune fille voudrait bien ; le jeune homme ne veut pas.
Demandons-lui pourquoi.
Les jeunes gens affirment que s’ils ne se marient pas, c’est de la faute des jeunes filles et de leurs parents.
Comment cela ?
« Nous gagnons notre vie, déclarent-ils, suffisamment pour nous, célibataires. Le mariage nous appauvrirait. Il est donc légitime que nous cherchions une dot représentant un avoir égal à nos revenus, qui, remarquez-le, sont ceux d’un capital de travail toujours en mouvement et d’efforts renouvelés.
« Or, lorsque nous nous adressons à une jeune fille possédant une dot, même minime, dont nous nous efforcerions de nous contenter, les parents et la jeune personne le prennent de haut et nous envoient promener. Leurs prétentions passent fort au-dessus de notre tête. On nous fait sentir que nous sommes bien audacieux d’oser prétendre à une union semblable. Il faut au moins à la donzelle un mari deux ou trois fois plus riche qu’elle. »